> Un ado ne veut pas parler de sexualité... même s'il y pense !Inévitablement c'est à l'adolescence que se construit l'identité sexuelle... un sujet qui angoisse souvent les parents. D'autant plus que s'il y pense, l'adolescent n'a certainement pas envie d'en parler avec eux. Le sujet ne doit pourtant pas être tabou au sein de la famille, car un ado doit pouvoir trouver toutes les réponses à ses questions. S'il est vrai que l'école ou les copains constituent déjà des interlocuteurs, la cellule familiale doit aussi jouer un rôle. Mais parler sexualité, ce n'est pas toujours évident !Si vous ne vous sentez pas à l'aise avec ce sujet, n'hésitez pas à donner à votre enfant des adresses mail du ministère de la Santé ou d'associations de prévention. Il préférera peut-être se renseigner seul, ce qui peut être moins gênant, et vous êtes sûres ainsi qu'il aura une bonne source d'information.> Un ado construit son style, et c'est sacréQu'on se le dise, ce n'est pas à l'adolescence qu'on fait preuve du meilleur goût pour ses vêtements. Pourtant, c'est à ce moment là qu'on a le plus besoin d'affirmer son style. Du coup, les parents ont plutôt intérêt à agir avec des pincettes s'il ne veulent pas froisser leur progéniture, même si le vestiaire de leur enfant prend des chemins gothiques ou trop sexy ! Conseils :> N'oubliez pas que c'est vous qui achetez les vêtements de votre ado. Il est donc tout naturel que vous ayez votre mot à dire si vous n'êtes pas d'accord avec ses choix. restez maître du jeu, en écoutant ses goûts, en refusant ce qui vous semble imettable, et acceptez occasionnellement de lui offrir quelque chose que vous détestez mais qui lui fait plaisir. > Inutile de critiquer en masse, par esprit de contradiction, votre ado ira encore plus dans la provocation !> Armez-vous de patience... Avec les années, le style s'affine, et il en rira à l'âge adulte !> Un ado est tenté par les addictions...Alcool, cannabis... Les jeunes sont de plus en plus consommateurs de substances illicites, sans que cela n'entraine forcément des dérives excessives. Mais il faut quand même rester vigilant. En prévention, expliquez-lui les problèmes qu'entrainent ces consommations (illégalité, troubles sur la santé etc.) sans pour autant le mettre en faute. Restez dans l'informatif. Cependant, si vous pensez que votre enfant souffre d'addiction, n'hésitez pas à demandez de l'aide à un professionnel (médecin, psy...) pour aborder ce problème délicat avec lui.> Un ado est complexéL'adolescence est la période de la vie où le corps change le plus, et le plus vite. Face à tout cela, les ados sont destabilisés, ne reconnaissent plus leurs corps, se sentent mal à l'aise dans leurs nouvelles formes... et tentent souvent de se cacher. C'est pourquoi les troubles alimentaires chez les jeunes filles apparaissent souvent à l'adolescence. Il faut donc être vigilant avec cela. La règle de base est de ne jamais faire de remarque sur le physique (trop grosse, trop petite, etc.). Les adolescentes
sont souvent friandes de magazines, expliquez bien que les mannequins ne représentent absolument pas la norme ! Et surtout, soyez à l'écoute de votre fille, si son mal être est réel, emmenez-la voir un nutritionniste, et s'il vous semble superficiel, expliquez-lui bien que ça passera, que ce n'est qu'une phase de transition.> Un ado veut garder son jardin secret !A l'adolescence, les jeunes construisent plus que jamais leur "bulle" composée de leurs amis, leurs amours, leurs centres d'intérêt... Un jardin secret indispensable qui pose les fondements de la personnalité adulte. Il est donc très important de le respecter. Mais attention ! Il ne faut pas pour autant couper le contact avec votre ado et ne plus rien savoir de sa vie et de son évolution ! L'enjeu est donc de pouvoir se tenir au courant sans pour autant violer son intimité. > Ainsi, si votre enfant ne parle pas, inutile de le forcer. Vous risquez de provoquer chez lui un rejet qui le rendra encore plus mystérieux. Commencez plutôt par lui poser des questions neutres pour lui montrer que vous vous intéressez à sa vie : comment ça se passe à l'école ? que font tes amis ? Quel livre lis-tu ? > Gardez un œil sur ses activités sans pour autant l'espionner. Rencontrez ses amis, mais ne vous imposez jamais avec eux, parlez avec ses professeurs, mais pas dans son dos etc. Il faut toujours lui laisser l'impression qu'il maîtrise le flux d'infosL'adolescence est une étape délicate, mais nécessaire, dans la vie d'un enfant. Elle est souvent une période de changements pour l'adolescent, mais également pour son entourage direct : parents, famille, amis...
Certaines attitudes et opinions destructrices ont tendance à se former durant cette période et les jeunes ont besoin d'aide pour être capables de les reconnaître, voire d'y faire face.
Que l'on soit parents d'adolescents, éducateurs, professionnels de la santé, enseignants..., nous sommes les mieux placés pour assumer cette responsabilité. En effet, notre influence peut être salvatrice. Evidemment, pour leur apporter cette aide, il faut que nous-mêmes l'ayons obtenue et le but de cet article est de vous apporter quelques pistes qui pourront vous aider dans vos relations avec les adolescents qui vous entourent.
L'idée centrale est que nous allons découvrir comment arriver à un modèle d'éducation dans lequel on place l'accent sur ce qu'on peut réellement maîtriser (à savoir le type de parent, éducateur, professionnel de la santé..., que nous voulons être) plutôt que sur ce qu'on ne peut vraiment contrôler (à savoir le type de personne que l'ado choisit d'être).
Nous baserons en outre notre réflexion sur les écrits de Huggins (Kevin Huggins (1996) Comprendre et accompagner nos adolescents, Ed. La Clairière, traduit de 1989Parenting adolescents Nav. Press USA).
Tout à coup, l'adolescent ne voit plus le monde ni les choses qui l'entourent de la même manière. Plusieurs éléments en sont la cause.
Il y a, bien entendu, les modifications physiologiques importantes et ses progrès intellectuels (liés à sa croissance), mais également les attentes différentes de la part des adultes qui en sont responsables. On n'attend pas d'un enfant les mêmes choses que d'un adolescent.
L'adolescent affiche une certaine maturité dans son corps et nous, les adultes, avons alors tendance à lui demander la même maturité dans sa faculté de penser.
Il est vrai qu'à partir d'un certain âge, nous devons commencer à lui faire confiance et lui donner l'occasion de se débrouiller et réfléchir plus mûrement ; mais s'il a les capacités de commencer à raisonner comme les adultes, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il le fasse forcément. Bon nombre de parents, en voyant le corps d'adulte de leur enfant, oublient qu'il n'en reste pas moins un adolescent, ayant besoin d'être conseillé.
Outre les attentes différentes des adultes envers lui, l'adolescent commence, lui aussi, à jeter un regard différent sur les autres.
Il se rend compte de nouveaux aspects du monde. Il a la capacité de comprendre les incohérences qui l'entourent (dans sa famille, à l'école, dans ses amitiés). Il commence à envisager l'avenir et cela l'effraie par moments. Il se rend compte qu'on peut cacher ses sentiments et, par la même occasion, qu'on peut le tromper (et, bien sûr, que lui aussi peut tromper les autres). C'est souvent à l'adolescence, qu'il élabore des stratégies pour camoufler ses sentiments ou ses actes.
L'adolescent, comme nous venons de le voir, a une vision du monde différente, mais il a également des aspirations différentes. Ces aspirations correspondent aux différentes crises qu'il traverse.
Compte tenu des changements auxquels il est soumis, l'ado commence à manquer d'assurance. Il commence également à comprendre qu'à son âge, il doit assumer en partie lui-même la responsabilité de son propre sentiment de sécurité, mais il découvre que, dans cette tâche, il est souvent son pire ennemi. Il a de plus en plus de mal à se sentir à l'aise dans son monde, ses relations, il ne peut plus afficher la même naïveté que durant son enfance. Il cherche donc à tout prix des moyens pour se sentir en sécurité.
Certains adolescents, parfois, se créent l'illusion qu'ils sont responsables de l'hostilité envers eux et que, s'ils arrivent à changer vraiment, leur entourage aussi changera.
Huggins (1996, extraits pages 59 - 60) nous donne l'exemple d'une jeune fille qui, après une rupture avec son petit ami, a commencé un comportement anorexique parce qu'elle était persuadée que c'était de sa faute si son ami l'avait quittée, mais également que c'était de sa faute si son père, quelques années auparavant, s'était séparé de sa mère. Elle voulait donc maigrir pour être la femme idéale qu'on ne quitte pas.
La deuxième crise que l'ado affronte est la marque qu'il laisse sur ceux qui l'entourent depuis son enfance. Au moment de la préadolescence, la plupart des enfants parviennent à maîtriser l'art de se faire remarquer ; en général, cela veut dire devenir assez performant dans un domaine pour que les autres reconnaissent sa valeur. Malheureusement, cela ne marche pas toujours à l'adolescence, car on attend beaucoup plus de lui. Kevin Huggins (1996, page 61) dit : "L'apathie ou le manque de motivation chez l'adolescent sont souvent le signe qu'il a perdu l'espoir de laisser sa marque sur son environnement".
Il cite l'exemple d'un jeune qui, pendant son enfance, était fort brillant au point de vue scolaire et qui, lors de l'adolescence, avec le changement d'école, de classe, de profs, est devenu médiocre et n'avait plus le sentiment d'avoir de la valeur. Il retrouvait néanmoins un peu de sa valeur dans un club de scouts. Cependant, comme ses parents voyaient ses résultats chuter, ils lui ont interdit de fréquenter ce club, ce qui a entraîné une plus grande dévalorisation et donc moins de résultats scolaires, ... bref une spirale d'échec.
C'est une des crises les plus difficiles à gérer pour les parents parce que le jeune est plus en contact avec l'extérieur.
L'ado commence à déceler l'égoïsme et le manque d'amour autour de lui (qu'il ne soupçonnait même pas durant son enfance) et se sent alors comme un « mal-aimé » (même si on lui dit le contraire).
Huggins (1996, page 62) dira : "Quand le jeune est déçu de ses relations au sein de la famille, il commence souvent à envisager des relations à l'extérieur, notamment avec ses pairs en réponse à l'amour qu'il sent avoir perdu".
L'adolescence est souvent la période des grandes amitiés ou des grands amours...
Malheureusement ses relations à l'extérieur peuvent aussi le décevoir, il peut se sentir trahi et éprouver du rejet. Il continuera alors encore plus à chercher l'amour après lequel il soupire.
L'adolescence est une période très délicate, où les ados sont facilement influençables et s'engagent parfois dans des relations difficiles, douteuses, voire dangereuses (ce que les parents appellent souvent mauvaises fréquentations).
Durant l'adolescence, les jeunes ont terriblement besoin de l'aide d'adultes compréhensifs. Ils ont les yeux fixés sur leurs parents ou d'autres adultes responsables pour voir quel rôle ils vont jouer. Deviendrons-nous leurs adversaires ? Ou leurs sauveurs ? Ou leurs alliés, ceux qui les aideront à trouver les moyens de gérer correctement les crises de l'adolescence ?
"Le fait de considérer le monde à travers le regard de l'adolescent est une tâche difficile, mais nécessaire, si nous voulons améliorer et approfondir notre amour pour nos adolescents. Le rôle que les adultes acceptent de jouer peut avoir un impact considérable sur le type d'adulte que les adolescents choisiront d'être.
Pour terminer, il nous faut faire le point sur différents éléments qui influencent notre manière de réagir face à nos adolescents.
Il est important de s'interroger sur les différentes dynamiques qui motivent nos réactions.
Trois éléments principaux peuvent nous influencer :
Le mépris que nous pouvons éprouver envers ceux qui nous ont déçu ou nous déçoivent (y compris les enfants). Bien souvent, nous n'en avons pas conscience, mais le mépris engendre une blessure émotionnelle qui nous pousse à nous protéger et à réagir avec mépris pour ne pas l'éprouver à nouveau. Prenons l'exemple suivant : un père qui a été méprisé durant toute son enfance, aura beaucoup de mal, dans certaines circonstances, à réagir autrement qu'avec du mépris. Or, l'adolescence est souvent synonyme d'attitude plus désinvolte et l'attitude de son père dépendra de sa propre tolérance au mépris.
Les souffrances passées. Chacun de nous a des souffrances liées à son passé. Nous en n'avons pas toujours des souvenirs précis, mais nous éprouvons quelques difficultés relationnelles. La question que nous devons nous poser : "Pourquoi suis-je tant affecté par ce qui se passe avec mon ado ? Est-ce justifié ou y a-t-il quelque chose qui remonte de mon passé ?". Prenons un exemple : une mère ayant subi un viol et ayant une très mauvais image des garçons, réagissait toujours violemment lorsque sa fille lui présentait des amis.
Nos manquements : nous devons nous rendre à l'évidence qu'en tant qu'êtres humains, nous avons des limites et que nous sommes incapables d'aimer comme il le faut. Nous avons besoin de la grâce de Dieu et surtout, il est important que nous amenions nos ados à recevoir Christ qui est le seul à pouvoir les aimer et les combler parfaitement, tout comme il est le seul à nous aimer et nous combler.